De Paris à Lille en passant par Rouen

Après 10 jours à Paris, un week-end de l’ascension en off chacun de notre côté, nous reprenons la route direction la Haute-Normandie.

Nous quittons assez tôt la super coloc’ qui nous a accueilli plusieurs jours durant notre étape francilienne. Le début de l’étape ne sera qu’une succession de zones commerciales qui font la “France moche” et la ville nouvelle de Cergy.

Juste avant de retrouver la campagne avec le Parc Naturel Régional du Vexin, à l’extrême limite de l’agglomération parisienne, nous tombons par hasard sur un centre d’exposition de maisons individuelles, un décor complètement surréaliste ! Imaginez un lotissement presque vide, un catalogue grandeur nature de pavillons de promoteurs. Au milieu de ceux-ci on retrouve un de nos vieux ennemis, la maison Phenix, pionnier et symbole de la standardisation de l’habitat individuel et des lotissements et de l’appauvrissement des paysages périurbains. Leur devise, “votre rêve à l’abri du hasard”, reflète bien l’idée sous-jacente : “toi qui cherche un logement, ne pense plus comment habiter, c’est inutile, nous savons déjà exactement ce que tu veux !”

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Enfin la campagne !

Retrouver le calme et les paysage de la campagne nous font du bien.  Après avoir monté tranquillement vers le centre du Vexin, nous redescendons tout aussi tranquillement vers les bords de Seine. Mais la fin de l’étape s’avère difficile, le vent forcit et une forte pluie battante commence à tomber. On s’équipe légèrement une première fois et on se rend rapidement compte qu’il faut qu’on enfile notre équipement anti-pluie intégral. Nous avons déjà plus de 100 km au compteur, il faut donc penser à trouver un lit pour ce soir. Après encore quelques kilomètres d’usines et d’entrepôts, enfin une maison ! Mathieu sonne pour demander l’hospitalité. Passée la méfiance de la surprise, notre hôte accepte de nous héberger pour la nuit. On passe alors un très bon repas et une agréable soirée en compagnie de Philippe et Goratti.

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Les boucles de la Seine entre les falaises crayeuses, sous un ciel… normand

Le lendemain matin, très tôt, nous reprenons la route vers Rouen. Nous quittons la Seine aux Andelys sous l’oeil vigilant du célèbre Château-Gaillard, chef-d’oeuvre d’architecture militaire médiévale. Édifié par Richard Coeur-de-Lion, la forteresse sera prise par les français quelques années plus tard, qui, après un long siège, s’introduisirent par les latrines selon la légende (et par les fenêtres de la chapelle accolée aux remparts disent les faits, moins avouables par les chroniqueurs ecclésiastiques, les voies de Dieu étant censées être impénétrables…)

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Les Andelys et Chateau-Gaillard

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Passage de la Seine

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Puis nous faisons une pause dans la charmante commune de Lyons-la-Forêt, comme son nom l’indique… au milieu de la forêt. En plein mois de mai les touristes anglais étaient déjà assez nombreux à déambuler dans les rues à la recherche du pittoresque.

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Sous la halle XVIe siècle de Lyons-la-Forêt

On est bien en Normandie : le temps reste couvert et peine à se réchauffer, nous aussi. Une série d’averses hâte notre pause-déjeuner au premier abri venu, un préau de salle des fêtes municipales. Malgré la couleur, pas très engageant il faut bien le dire…

Durant cette étape on retrouve un peu de relief. On n’avait pas eu autant de dénivelé depuis le Plateau de Millevaches ! C’est donc les jambes bien lourdes par ces deux journées consécutives de vélo qu’on arrive à La Ferme des Bouillons, à la lisière de Rouen.

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Cette ferme, occupée depuis 2012, sera notre camp de base pour notre étape Normande.

Le lendemain nous rencontrons Échelle inconnue. Leurs activités sont tellement riches et diverses qu’après avoir passé l’après-midi avec deux membres de l’équipe, nous continuons nos échanges dans un bar avec le reste du groupe ainsi que Yoann, un ami de Mathieu, jusqu’à tard.

Après 3 nuits au dortoir de la Ferme des Bouillons nous reprenons la route vers Amiens.

Cette fois-ci sous le soleil nous passons par les paysages et le bocage du nord de la Normandie. Nous passons par Forges-les-eaux, ville thermale atypique avec son casino et sa concentration de demeures luxueuses qui surgissent au milieu de la campagne normande.

Petit à petit les maisons en brique se font de plus en plus fréquentes, la transition vers la Picardie se fait en douceur à travers les plaines en openfield.

Avec une courte nuit et du retard pris au départ, la journée est assez longue mais nous le rattrapons et parcourons les 110 km du jour à la vitesse d’un poney au galop (20 km/h de moyenne) !. Les jambes se font bien sentir à l’arrivée.

A Amiens nous sommes hébergés chez Rémi, urbaniste et ami de Mathieu. Le soir nous nous détendons avec une bonne bière bien méritée et petit tour au bord de la Somme et des Hortillonages, jardins maraîchers cultivés depuis un millier d’années.

Le lendemain matin on prend notre temps, on refait un petit tour dans le centre d’Amiens et dans son immense cathédrale.

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Ensuite direction Lille en train. Nous avons choisi cette option car (comme vous pouvez le constater…)  nous avons pas mal de retard sur nos articles. Une heure de train ou une grosse journée de vélo avec les monts de l’Artois à passer, la balance a choisi son camp.

A l’arrivée sur Lille nous rejoignons directement la manifestation contre les OGM et Monsanto. Rapidement, quelques personnes sont curieuses de notre chargement et engagent des conversations qui se poursuivront jusqu’au terme de la manifestation, sur les glacis de la citadelle Vauban. Dès l’arrivée, on sent tout de suite la chaleur du nord !

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Construction de jardinières flottantes pour offrir habitat et nourriture à la faune et la flore des douves de la citadelle Vauban de Lille

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