Parckfarm : un parc conçu et géré avec les habitants au milieu d’un quartier populaire bruxellois

 

Depuis un an, le quartier populaire de Molenbeek, à Bruxelles, a vu une ancienne emprise ferroviaire délaissée se transformer en un parc, pas tout à fait comme les autres.

 

Un vent d’expérimentation dans les parcs bruxellois

Dans de nombreuses capitales européennes, les habitants souffrent d’un manque d’espaces verts. Bruxelles en est depuis longtemps consciente et a déployé des efforts pour augmenter le nombre et la qualité des parcs qui manquent encore dans plusieurs quartiers. Dans le cadre du ré-aménagement du quartier Tour et Taxis, au nord-ouest du centre-ville, Bruxelles Environnement, l’autorité administrative gérant les questions d’environnement et d’énergie pour la région Bruxelles-Capitale, aménage un nouveau parc mais pas d’une manière classique. Cette fois, les habitants du quartier sont associés aux préfigurations et à la gestion des espaces !

 

Un terrain encaissé, ancienne friche ferroviaire

Un terrain encaissé, ancienne friche ferroviaire

Pour cela, en 2014, Bruxelles Environnement s’appuie sur sa Biennale de design, Parckdesign, pour tester un nouveau type de parc après son expérimentation « Osez le jardin vague » de l’édition 2012. Le choix est alors fait de concentrer la Biennale en un seul lieu plutôt que de disperser les installations sur des terrains séparés. L’édition prend pour thème l’agriculture urbaine et s’intitule PARCKFARM “du paysage à l’assiette”. Les équipes pluridisciplinaires retenues par le commissariat de la Biennale, comprenant des artistes, des architectes, des paysagistes, avaient pour mission de co-construire leur projet avec des groupes d’habitants. L’approche artistique est mise en avant pour sortir de conceptions terre à terre et faire rêver en imaginant la matérialisation des liens entre parc, usagers, animaux, potager et même toilettes sèches. Une fois terminés, les 9 prototypes d’aménagements sont laissés à l’épreuve de l’usage durant 5 mois, dans l’optique où, s’ils sont adoptés et toujours fonctionnels, ils gagnent le droit de rester. 7 aménagements demeurent après la période de test.

 

Une main verte tendue aux habitants

L’une des originalité de la démarche réside donc dans l’association des habitants, futurs usagers, à la création d’un parc. L’implication des habitants du quartier se situe à tous les étages du projet, à des degrés différents : conception, mise en œuvre et gestion.
Un an et demi en amont de la biennale, de nombreuses réunions et ateliers en groupe ont été impulsés par Bruxelles Environnement, animés par le commissariat artistique. A l’approche de l’évènement, le commissariat s’est ouvert et mixait habitants du quartier et institutions partenaires.
Pour stimuler l’interaction avec les bruxellois durant Parckdesign 2014, le “Farmtruck” de Bruxelles Environnement sillonne les espaces publics de la ville pour présenter le projet et des expériences agricoles innovantes autour de produits régionaux et invitant la population à participer à l’expérience.
Ensuite, durant les 5 mois suivants, les habitants participaient à l’animation du parc et à la réalisation des projets.

 

Un parc en plein coeur de quartier

Un parc en plein coeur de quartier

Pour Martine Cantillon-Cuillier, responsable Evènements Espaces verts à Bruxelles Environnement et en charge du projet, la réussite sur le long terme de ce parc tient à l’implication des habitants tout au long de la vie du projet et de l’ancrage territorial de l’aménagement, c’est à dire des liens qui sont tissés avec les habitants du quartier et de la justesse de la réponse à leurs besoins. L’ingrédient incontournable pour que la participation prenne est pour elle l’esthétisme : « Ce qui est beau est respecté », cela donne une force aux installations. Et en effet celui-ci ne connaît quasiment aucune dégradation, or c’est pourtant un espace vert ouvert 24h/24 ! Un peu rêveuse, Parckfarm lui rappelle le côté réjouissant et enivrant des mouvements autogestionnaires dans les années 1970, où l’on sentait son énergie décuplée dans les projets collectifs. Elle est convaincue qu’ici on pense local pour agir global, qu’on arrive à faire plus avec moins.

L’administration doit rester souple face à ces démarches mais doit pour elle afficher une force et une rigueur nécessaires pour impulser des projets centraux, symboliques, qui irriguent et font croître les envies habitantes de construire des espaces de liberté, de répondre au besoin de faire ensemble.
La démarche Parckdesign 2014 est participative : l’initiative des orientations revient à l’institution qui ouvre la porte à l’implication physique et intellectuelle des habitants. L’administration aurait pu s’arrêter là mais a osé l’expérience de déléguer aux habitants la gestion des installations encore présentes pour une période test.

 

L’essor de l’autogestion pour répondre aux nouveaux usages

Des différentes installations encore présentes après le passage de la biennale, on compte Kot-kot, un poulailler géant géré par les habitants, Bee car, 5 ruches observables de l’intérieur et déplaçables à vélo, la table paysage, une immense table de pique-nique avec plantes aromatiques et arbres fruitiers en son centre, le jardin des recettes, et la Farmhouse, serre revisitée où il est possible de cuisiner, manger et faire pousser des plantes.
Le parc est aussi le support régulier d’ateliers d’échange de savoir-faire, de débats, rencontres, vente de produits régionaux… Toutes les semaines, les bruxellois peuvent participer à des ateliers ouverts et gratuits de cuisine, de jardinage et connaissance des plantes…

 

le poulailler Kot-kot

le poulailler Kot-kot

Pour gérer les équipements, les habitants du quartier ont crée l’ASBL Parckfarm Tour & Taxis (association sans but lucratif, l’équivalent belge des associations de loi 1901). Un an après la biennale, sa structuration est toujours en cours, cherchant le modèle économique et le mode d’organisation les plus adaptés. Les bénévoles, tels Teesa de l’équipe de la Farmhouse, trouve dans le parc un espace de liberté, terreau fertile à leur envie de s’occuper d’un lieu vecteur d’échange et de solidarité. Pouvant compter sur une forte présence des bénévoles aux réunions, l’ASBL recherche l’horizontalité dans la prise de décision. Cet horizon est encore obstrué par des statuts classiques avec un conseil d’administration gérant l’association et par le faible nombre de personnes motrices impliquées au quotidien, personnes qui portent beaucoup sur leurs épaules. Moments privilégiés de discussion, l’ASBL propose chaque mois des repas en auberge espagnole et des rencontres de quartier, comprenant que la clé de la gestion commune de cet espace réside dans la convivialité plutôt que dans l’austérité des salles de réunion.

 

Un parc tous usages et tous publics

Par la diversité d’aménagements gérés par les habitants et les nombreuses activités proposées, principalement l’été, Parckfarm brasse une grande variété de personnes : habitants du quartier tout au long de la journée, aux revenus plutôt modestes et reflétant la diversité ethnique du quartier, travailleurs des environs aux revenus plus élevés, les plus présents le midi, habitants de tout Bruxelles lors des activités.

En s’approchant du four à pain on découvre un groupe hétéroclite en pleine visite guidée du parc. L’association Alpha encadre des étrangers ne parlant pas encore le français, le leur apprenant par l’intermédiaire d’activités. Aujourd’hui Mustapha emmène le groupe ravi découvrir le lieu et réaliser son propre pain. Mustapha est investi de longue date dans le quartier et s’est naturellement associé à l’aventure Parckfarm. Il observe et analyse les différentes tensions à l’œuvre sur le parc pour mieux se faire le médiateur entre les parties.

 

Le four à pain, élément rassembleur et intégrateur

Le four à pain, élément rassembleur et intégrateur

Certaines tensions internes à l’ASBL remontent à la génèse du projet. Chaque habitant qui s’investissait arrivait avec une idée, or tous les projets n’ont pas pu être retenus. D’autres ont pu se faire accaparer ou leur esprit a pu être détourné, frustrant des bénévoles. Des jardiniers, issus du quartier, sont en conflit larvé avec la Farmhouse. Ils ont l’impression que leur priorité est de faire du business, oubliant au passage les habitants du quartier, arguant que l’ASBL reçoit des subventions censées profiter à tous. Ils constatent que les prix des consommations proposées sont trop élevés pour les revenus modestes des habitants du quartier, qu’ils ne sont pas la clientèle visée. Le modèle économique de la Farmhouse serait de profiter de la clientèle à hauts revenus travaillant dans les grands bureaux voisins pour ensuite irriguer les besoins de Parckfarm de cet argent. Cette ardoise des prix rend de nombreux habitants du quartier méfiants et réticents à s’investir sur le parc. Les usagers du potager habitent dans le quartier depuis plus longtemps que ceux qui tiennent la Farmhouse, population assez jeune au capital culturel élevé et attirée par les loyers moins élevés de Molenbeek. Dans l’esprit des habitants “historiques” c’est aux nouveaux de renvoyer l’ascenseur du bon accueil qui leur a été fait.

 

La Farmhouse, serre adaptée en espace de restauration, agriculture, réunion, atelier

La Farmhouse, serre adaptée en espace de restauration, agriculture, réunion, atelier

Une fragile unité des habitants

L’ASBL Farmhouse chapeaute aujourd’hui l’ensemble des activités du parc. Pour Bruxelles Environnement, l’essai est aujourd’hui un succès, la gestion déléguée du parc fonctionne. Mais l’unité de celle-ci se fissure devant la complexité et devant le nombre d’activités qu’elle recouvre. La Farmhouse songe à devenir une coopérative et de nombreuses autres personnes à avoir leur propre statut et d’aller vers un fonctionnement juridique éclaté tout en maintenant une dynamique collective. Par exemple, le rêve des potagistes est de s’autogérer totalement, de sortir de l’ASBL fédératrice et d’être indépendant, sans avoir à demander de subsides à Bruxelles Environnement. Sans autorité extérieure pour gérer les divisions, la situation ne vire pas pour autant à la zizanie, des habitants comme Mustapha veillent à maintenir du débat, à amener des discussions apaisantes et rappeler que l’intérêt général et la construction du lien social doit passer avant des problèmes personnels. « Personne ne sortira gagnant si chacun recherche la justice pour les torts qu’il a pu subir ou ressentir ». Mais rien d’extraordinaire, les difficultés apparentes à atteindre le consensus sont typiques des relations humaines et même saines, elles sont révélatrices de l’effervescence collective.

Un autre point génère de l’incompréhension et des difficultés dans la gestion du parc par les habitants : un fossé culturel entre ceux qui sont instruits au fonctionnement associatif et les habitants qui sont prêts à s’investir corps et âme mais ne savent pas manier le papier et le dialogue institutionnel. Ces derniers se retrouvent dépassés et des gens initiés au jeu associatif prennent les devants et les places les plus stratégiques. De manière générale, les populations d’origine turques et maghrébines ont par exemple plus de mal à s’intégrer dans le projet.

 

Le jardin des recettes, parcelles individuelles et collectives

Le jardin des recettes, parcelles individuelles et collectives

Abdel s’occupe du four à pain. Victime de son succès, il y a énormément de sollicitations d’usage. Le souci est que ce sont souvent des groupes constitués, communautaires et pas nécessairement proches, qui en font la demande, alors que l’ASBL souhaite qu’il soit d’abord au service du voisinage. Les cas sont difficiles à trancher mais montrent le cruel manque de ces simples aménagements en libre accès en ville.
Abdel a voulu créer sa propre structure pour le four et s’auto-organiser. Il avait au départ pour projet de disposer de plus de matériel et d’aménager la placette bétonnée derrière le four à pain pour en faire un espace convivial servant le temps de la cuisson du pain. Mais Bruxelles Environnement a refusé pour des questions de sécurité, au prétexte que la vue sur l’espace est obstruée par des arbres, qu’on ne peut y voir de l’extérieur ce qui s’y passe…
Sans aller jusqu’à en tirer un salaire, il souhaite être défrayé, comme le bénévolat a pu l’être pendant la biennale, pour être reconnu et encouragé dans ses services rendus : construction et animation du four à pain, gestion du poulailler, des rûches. Abdel, prompt à parler avec son cœur et peu coutumier des processus administratifs, est aujourd’hui usé et démoralisé par ce qu’il ressent comme un manque de reconnaissance et par l’envie de certains membres de l’ASBL de l’évincer du four à pain. Il se dit prêt à laisser sa place mais seulement s’il est assuré qu’il profite à tous et que ses usagers savent s’en servir.

S’auto-organiser entre personnes de conditions diverses pour prendre soin d’un espace et de ses usages est un défi excitant autant qu’exigeant. Dans tout mouvement reposant sur le bénévolat l’usure est le plus grand danger pour la pérennité de l’action et la cohésion du groupe. Chacun a une capacité plus ou moins grande de don de soi à l’œuvre collective. Tout l’enjeu des mouvements collectifs est d’accepter ces différences, de dépasser les déséquilibres et ressentiments qu’elles peuvent créer en maintenant des instances de dialogues et en veillant à rester ouvert à l’implication de nouveaux bénévoles. Un groupe qui se réduit petit à petit au noyau dur des plus motivés va perdre de sa capacité d’attraction et de sa légitimité à porter le bien commun. Si Abdel n’a pas jeté l’éponge à Parckfarm c’est grâce au dialogue que s’efforce de maintenir Mustapha.

 

Un nouveau mode de gestion, nouveau rôle pour l’administration et ses agents

Bruxelles Environnement dédie au site un gestionnaire, 2 jardiniers et 6 gardiens qui se relaient par équipe de 2 tous les jours jusque 21h. Pour Arnaud Van Blommen, le gestionnaire du parc, la gestion du site tranche nettement avec l’autre parc, classique, dont il est en charge. Il doit conjuguer de nombreux acteurs, au premier rang desquels les habitants dans leur grande diversité. “Il est plus facile de fonctionner avec un référent qui prend les décisions seul qu’au consensus. Je suis plus coordinateur social que gestionnaire, mais c’est enrichissant. Un apprivoisement mutuel doit se créer. Les habitants comprennent vite que le parc est vraiment créé pour eux, il y a déjà beaucoup moins de vandalisme.”
Un tel mode de gestion, dans la médiation, demande plus d’énergie et d’engagement de la part des agents techniques. Concertées avec l’ASBL, leurs pratiques changent : ici, pas de pelouse mais une prairie fauchée seulement une fois l’an. L’objectif est ensuite que l’association prenne progressivement une part plus importante de la gestion du site, en prenant par exemple en charge les plantations, l’hôtel à insectes.   

 

Des SDF traités comme partenaires, acceptés plutôt qu'expulsés

Des SDF traités comme partenaires, acceptés plutôt qu’expulsés

Chose difficile à imaginer avant notre passage, on découvre que l’administration tolère les habitations illégales de SDF immigrés qui vivent discrètement ici depuis plus de 10 ans. Le dialogue a été engagé avec eux dès le début, leur habitat, situé dans une partie plus sauvage du site, est démarqué par une barrière basse et un portail, leur donnant une certaine intimité sans les cacher du monde. L’occupation nocturne du parc éloigne les potentiels fauteurs de troubles, donnant aux SDF un rôle de gardiens de nuit. Avant l’aménagement du parc, la végétation dense et sauvage du lieu laissait libre cours à toutes sortes de trafics. Chaque partie semble trouver son compte dans l’arrangement informel.

L’institution publique veille à ce que les habitants impliqués ne considèrent pas le lieu comme un jardin privé, son rôle est d’être garante que l’espace soit au bénéfice de tous. L’équilibre est à trouver entre appropriation par les habitants et ouverture complète à tout un chacun, clé d’un espace public partagé.
Bruxelles Environnement tente avec Parckfarm d’approcher ce point d’équilibre par le faire ensemble, à l’échelle des habitants avec l’administration et à l’échelle des habitants entre eux. L’envie se heurte à l’effritement du sentiment collectif depuis plusieurs décennies, aux difficultés de reconstruire du faire ensemble avec des publics aux cultures et niveaux sociaux différents. Mais elle se heurte au nécessaire changement de culture pour les techniciens qui n’ont pas l’habitude de partager les décisions avec les habitants.

 

Le “brol” bruxellois, le flou politique au service de l’expérimentation

Paradoxalement, c’est aussi l’organisation belge des institutions qui permet cette expérimentation. Le mille-feuille français tant décrié parait bien allégé vis-à-vis de sa version belge. Les flamands et les wallons rencontrent des difficultés récurrentes à s’entendre politiquement au niveau national comme au niveau local. Ces contextes pourraient participer à expliquer pourquoi les services jouissent d’une plus grande autonomie.

Ainsi, des projets portés par la même institution mais par des personnalités aux sensibilités différentes peuvent présenter des choix de conception, de mise en œuvre et des modes de gestion totalement opposés. Par exemple, le projet de parc “Allee du Kaai” à quelques centaines de mètres, également porté par Bruxelles Environnement, voit une ASBL missionnée pour animer le lieu en respectant un cahier des charges. A l’inverse, le choix a été fait par d’autres agents de se passer de cahier des charges à Parckfarm, de voir comment le lieu allait être approprié et cogéré, en laissant de futures ASBL se monter et demander des subventions. En tant que financeur Bruxelles Environnement se réserve toujours un droit de regard sur la gestion de l’ASBL, qui peut potentiellement orienter les décisions du collectif d’habitants. L’administration reste prudente et se prévoit des gardes-fous. Dans la même idée, elle ne délivre à la Farmhouse qu’une convention d’occupation annuelle.

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Dans le quartier le plus dense de la ville, 10 200 hab/km², Parckfarm apporte une bouffée d’air aux habitants en mal d’espaces verts. Mais ce parc n’est résolument pas comme les autres. On peut saluer la prise de risque de Bruxelles Environnement d’expérimenter un modèle de création d’espace public dépassant la participation des habitants à la conception et à la mise en œuvre du projet pour oser la délégation aux habitants d’un certain pouvoir sur l’espace. Les élus et techniciens ont su intéresser et inclure la population, laisser une place aux habitants qui ont pu avoir un rôle actif d’expression de leurs besoins et de proposition dès le dessin du projet. Ce genre de projet inscrit au milieu d’un quartier populaire est une expérience qui transforme ceux qui l’initient et qui y participent. Ainsi s’est instaurée une confiance et une reconnaissance réciproque des savoir-faire des différents acteurs.
Jusqu’ici l’opération est une réussite. Bruxelles Environnement a transformé le caractère éphémère de la biennale en un processus visant le changement à long terme des usages du lieu et des pratiques des institutions et des habitants.

Pour autant, la situation n’est pas aussi fluide qu’il peut y paraître. Les divisions et différences des habitants fissurent l’ASBL gestionnaire et risquent de la faire éclater en plusieurs entités, concurrentes ou partenaires pour porter l’intérêt général ? Mais ces ajustements et tensions internes font partie du processus d’apprentissage de la décision en commun et de réappropriation de l’espace démocratique. Sur fond de gentrification de Tour & Taxis, elles créent un débat politique à l’échelle des gens qui vivent les transformations urbaines. Les habitants doivent jongler entre sauvegarde du caractère populaire du quartier et place à accorder aux nouveaux venus en ascension sociale et aux travailleurs aisés des tours de bureaux voisines.

Ainsi, Bruxelles Environnement et les habitants avancent pas à pas, au jour le jour, dans leur gestion partagée du parc, dans un esprit incrémentaliste qui nous est cher. Le résultat n’est pas présagé à l’avance, l’accent est mis sur le processus et la créativité spontanée qu’il permet : c’est l’accumulation de petites avancées qui dessine un peu plus à chaque fois l’œuvre finale, se nourrissant des opportunités qui naissent à chaque étape. Le chemin est encore cahoteux mais de son issue à Parkfarm sur le long terme peut dépendre la généralisation de l’expérimentation aux autres parcs de la ville. 3 autres futurs parcs de la périphérie bruxelloise sont en voie de suivre le modèle de gestion de Parckfarm. Et pourquoi pas ensuite étendre ce système de gestion déléguée aux habitants à d’autres équipements et services de quartier puis municipaux ?

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2 Commentaires

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