Retour sur la journée Capacitation-Citoyenne du 23 septembre 2016

Le 23 septembre dernier, nous étions à Paris pour une journée de rencontre organisée par le réseau Capacitation-Citoyenne. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche et de vous motiver pour les prochaines rencontres, nous faisons ici un petit retour rapide de cette journée, avant les comptes-rendus écrits et filmés de Capacitation-Citoyenne.

 

Le sujet de la rencontre était les « Lîeux ». Ces Lîeux qui ne peuvent pas être définis par une seule fonction. Ils ne sont ni uniquement café, ni lieu de rencontres, ni habitat, ni scène de concerts, ni tiers-lieux, ni jardin… Ils sont un peu tout ça à la fois. Des Lîeux disponibles, que l’on peut s’approprier pour un temps, éphémère ou permanent, pour partager une passion, mettre en commun nos énergies, faire ce qui semble impossible seul. Des Lîeux qui participent à changer notre vision des rapports sociaux, de la ville, avant peut-être la société ? Ces Lîeux, il en pousse partout mais est-ce seulement un phénomène de mode pour une frange de la population ? Y a-t-il besoin de quelque chose pour les faire émerger ? Qu’ils soient plus entendus ou reconnus ? Qu’ils traversent tous les spectres de la population ?

Nous avons passé un bien chouette moment, où le temps était laissé pour discuter informellement les uns avec les autres, venus de tous horizons, des Lîeux de vocations diverses : Lîeux d’expression, Lîeux à prendre, Lîeux où apprendre, Lîeux de déconstruction des schémas dominants, Lîeux de construction collective, Lîeux de reconstruction personnelle… Bref, on a vu que tous ces Lîeux n’étaient que des coquilles faites pour déborder du projet initial, être l’espace de tous les possibles, faire monter la mayonnaise de l’énergie sociale.

Photo François Bron

Photo François Bron (Interphaz)

On a causé l’après-midi des conditions de décollage de ces lieux disponibles :
D’abord avoir une idée, un projet, une perspective en commun, un noyau dur de motivés, une capacité à construire ensemble.  […]  Trouver un bâtiment libre ou libéré, un lieu comme moyen et comme but en soi.  […]  Définir une organisation collective qui évite l’accaparement du projet par quelques uns, laisse le droit à créer pour tous, mélange les psychologies individuelles.  […]  Permette une appropriation aisée pour les nouveaux participants   […]   Rendre visibles les personnes à leurs propres yeux.  […]  Privilégier une petite équipe d’animation pour plus de réactivité et concilier, le quotidien pour ces lieux, l’urgence et le long terme.  […]  Penser les moyens de transmission.  […]  Garder en tête une des grandes motivations du départ : susciter le désir et prendre plaisir.

Survient la question de la bonne taille. Comment la trouver ? Comment ne pas se perdre à un degré institutionnel, ne pas se faire absorber par la bureaucratie qu’on peut créer ? Vaudrait-il mieux essaimer et se multiplier plutôt que de trop grossir ?

Puis on a discuté de ces obstacles qui peuvent tuer les lieux :
Une obligation de résultats qui nous enferme.  […]  Des règles de fonctionnement de la communauté mal définies.  […]  Un manque d’ouverture dans l’administration ou l’animation, conduisant à un accaparement ou un entre-soi.  […]  L’absence de lien avec le territoire.  […]  Une source de financement unique et extérieure.  […]  La récupération marchande ou politique.  […]  Un pérennité qui fait oublier le sens.  […]  Une obligation de résultats.  […]  Le fait de maintenir à tout prix un lieu qui marche mal, mieux vaudrait céder face à vents et marées pour ne pas s’épuiser et redémarrer autre chose.

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Si l’on n’a pas eu le temps d’approfondir sur ce que serait un réseau national des lieux (outil de réflexion, de débats,  de rencontres, d’alimentation d’un guide du routard des lieux ?), on a bien vu que tous ces lieux-îlots d’espoir, de liberté, de tests de processus, font mouvement. Un mouvement qui ne sait pas encore exactement vers où il veut aller mais qui saurait déjà ce dont il ne veut pas. Et avant un réseau national, l’enjeu serait déjà au niveau local de transformer ces îlots en archipels de Lîeux, réseau d’action et de mise en commun.

Les Lîeux doivent aussi soigner leur image, être attentifs au récit du lieu, à ce qu’il donne à voir, à ce que les gens ne retiennent pas seulement l’image de hippies ou de 68ards attardés pour pouvoir élargir. Ce n’est pas avec un discours politique trop consistant qu’on va aller vers les gens mais par l’action.

Et en parlant de récits, en attendant d’autres événements, Capacitation Citoyenne compte rééditer bientôt leur premier livret de 13 lieux et propose de l’augmenter.

Comme eux, nous vous invitons, vous animateurs ou usagers de Lîeux, à leur envoyer un petit récit de votre Lîeu ( à pierre@capasol.fr ), dans une forme similaire aux autres, mélange entre la carte postale et le carnet de voyage, d’une longueur d’une courte page.

Histoire de se donner à voir et de de fournir des étapes à nos et vos pérégrinations hexagonales.

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