Interview de Ouest-France sur notre 35e conférence gesticulée

« Redon. Ils repensent la ville sur leurs vélos » Ouest-France du 8 mars 2019

 

Leur tour de France leur a ouvert les yeux. Vendredi soir, Mathieu et Frantz, présenteront dans une conférence gesticulée, à la Redonnerie, leur regard critique sur la manière de penser l’urbanisme. Une question qui selon eux, doit revenir aux habitants.

Entretien

Mathieu Cirou, organise avec Frantz Daniaud, vendredi soir, sa 35e conférence gesticulée.

En 2015, vous décidez d’enfourcher vos vélos pour débuter un tour de France. Qu’est-ce qui vous a poussé dans cette démarche ?

Avec Frantz, on s’est rencontrés en étude à Rennes, en master d’urbanisme. On sentait qu’il nous manquait quelque chose à l’issu de notre formation, sur la manière d’incorporer les habitants dans les réflexions d’aménagement urbain. En fait, on nous apprenait à réfléchir à leur place. Nos premiers boulots nous ont amenés à nous dire qu’il fallait qu’on s’éloigne de tout ça. On voulait faire ça à notre manière, à la façon école buissonnière, en allant à la rencontre de professionnels de la ville, en décalage avec la manière classique de travailler, et en rencontrant des groupes d’habitants en lutte dans leurs quartiers, ou portant des idées.

Pourquoi avoir choisi de le faire à vélo ?

On a décidé de partir à vélo pour prendre le temps, faire marcher la tête et les jambes et avoir un autre regard. On n’avait jamais voyagé à vélo auparavant plus de deux jours de suite. Au total, on a parcouru 5 000 km, entre avril et fin novembre 2015. On est aussi allé voir ce qu’il se passait ailleurs, en Belgique, en Allemagne, en Suisse…

Qu’est-ce qu’il est ressorti de cette expérience ?

On a fait 130 rencontres en rapport à ce projet lors de notre voyage. Début 2016, on a décidé de repartir, en choisissant dix lieux qui avaient l’ambition ou le potentiel de travailler sur la question de la place de la participation de l’habitant à la fabrication de son espace de vie. Le but était de suivre des collectifs pour voir comment ils fonctionnaient et de rencontrer d’autres initiatives. On en a pris cinq chacun sur lesquels on est restés un mois.

Votre démarche est à retrouver sur le site espascespossibles.org, que vous alimentez depuis le début de votre voyage. Il fallait pouvoir partager votre expérience au plus vite ?

Oui, le but, c’était de mettre à disposition ce savoir-là sur notre site, ouvert dès le début du tour de France. On y a publié une vingtaine d’articles sur les cas concrets rencontrés sur le terrain. Ce sont des articles illustrés, où l’on présente des initiatives, toujours en vulgarisant pour les personnes non initiées à l’urbanisme. On a voulu dès le départ avoir un média pour rendre cette expérience accessible à tout le monde. La conférence gesticulée est aussi là pour ça.

Justement, pouvez-vous nous présenter ce rendez-vous ?

Ça fait un an et demi qu’on a terminé l’écriture de cette conférence gesticulée. À Redon, ce sera notre 35e représentation. On se présente sur scène tous les deux, avec nos vélos. Au début on se met dans la peau d’un élu et d’un promoteur. On parle de ce qui nous révolte dans la manière de construire la ville et ensuite, de nos espoirs… On la joue un peu partout en France. On retourne dans les lieux par lesquels on est passés pour voir comment les projets avancent.

Quelles problématiques soulevez-vous ?

On parle notamment de la manière dont la ville est devenue une marchandise pour les promoteurs, qui choisissent comment la dessiner. Pour nous, l’urbanisme est là pour réapprendre aux gens à se parler, en libérant l’expression. Ce qui pose problème aujourd’hui, c’est le fait que le sol soit considéré comme une marchandise, avec un souci de créer de la rentabilité, alors qu’il appartient à tous. Avec cette conférence, on ne veut pas donner de leçons, mais offrir les outils aux gens pour qu’ils puissent penser par eux-mêmes.

Vendredi 8 mars, à 20 h, à la Redonnerie, 7, rue de Briangaud. Conférence ouverte à tous. Participation libre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *